28, 29 & 30 juillet 2007
28 : Cette nuit je me suis couché à l'heure où tu t'es sans doute levée… Je n'arrivais pas à trouver le sommeil, à cesser de penser… A trois heures de matin la raison l'a emporté et je suis allé m'allonger… Il faut avoir les yeux ouverts quand on conduit…
07h15.. Debout, la route m'attend… Comme la première fois où je suis allé à ta rencontre, mon corps est dans cette voiture et mon esprit est ailleurs… Il traverse la France, d'Est en Ouest, dans ta voiture, juste derrière toi, et sans doute à coté de tes enfants… Par habitude ma voiture prend la direction de l'Est… Week-end noir ! Tu parles ! Presque pas un chat sur la route une fois quittée la vallée du Rhône… Je regarde le ruban de bitume sans vraiment le voir… Comme la première fois, comme avant notre première rencontre… Déjà à l'époque je disais que tu m'avais envoûté… Maintenant j'en suis sûr… Tu m'habites, tu me hantes… J'ai envoyé un sms à la Tig pour lui souhaiter ainsi qu'à la joyeuse troupe une bonne bringue et lui dire que je ne viendrais pas sur le salon ce soir… Je sais que je suis en train d'enfiler mon pardessus… pas envie de communiquer…
La tête en feu, dans une musique en boucle, mon visage s'assombrit un peu plus… J'arrive à destination, je suis sur la défensive… j'ai raison… la première attaque… la première riposte… à mots couverts, à mots déguisés… Vite ! Manger sur le pouce, charger les bagages et partir… L'atmosphère est pesante… La halte aura été de courte durée… A peine plus d'une heure… J'embarque mes fléaux et direction l'endroit d'où je viens… Silence dans la voiture… La petite s'est enfuie dans le virtuel de son baladeur MP3… La grande se concentre sur sa conduite… Tu es toujours là, présente dans mes pensées… Je ne t'abandonne que le temps de lui prodiguer un conseil… Il me semble sentir ton souffle dans mon cou… Ce n'est que le courant d'air d'une vitre mal fermée… La fatigue la gagne… relais de chauffeur… Il ne lui faut guère de temps pour qu'elle sombre dans les bras de Morphée…
Tu dois être arrivée à destination et avoir pris possession des lieux de ta villégiature… Tu dois être à cent mille lieues d'imaginer que je ne puisse penser qu'à toi… Et c'est tant mieux… Ce sont tes vacances, ta vie de famille… C'est le temps du farniente et de l'insouciance… Pas celui de l'introspection…
La nuit est tombée… Contrairement à ce que j'avais décidé, j'ai fait un saut sur le salon… Le désert comme je le pensais… Un petit bonjour… Une sortie… Tiens je vais aller mettre de l'ordre sur mon blog… Et commencer à poser ces textes qui datent de bien avant toi… Ces textes témoins que ma licence est allée bien au-delà de la D/s qui a pu exister entre nous…
La nuit est déjà bien avancée… Nous sommes déjà demain… Pas sommeil… Je retourne sur le salon avec un nouvel alias… « Un Dom au crépuscule »… Je sais déjà que les seuls qui seraient capables de comprendre le vrai sens de celui-ci sont absents… Les autres prendront ça au premier degré… Et ça n'a pas raté… J'ai bien eu droit au « C'est comment un Dom à l'aube ? » Aucun des présents n'a deviné que le Dom que je suis s'éteint ou tout du moins entre en léthargie… Je sais, je sens que la soumise qui était en toi est définitivement morte… je sais aussi que parfois, l'espace d'une fraction de seconde, par un mot, une attitude, elle ressuscite pour mieux mourir à nouveau… Je sais aussi que tu es la seule qui sent ce que je ressens à l'instant où je le ressens… Je sais que je ne peux rien te cacher… Tu me devines… Devant toi, je suis comme nu, sans carapace… Je sais que tu es en moi, je sais que nous sommes parfois en osmose, ce mot que tu aimes tant… Je sais aussi que je ne te vois plus uniquement en femme soumise… Je te vois en Amie, en maîtresse, en Confidente… Et tout cela pour moi n 'a pas de prix… Qui sait ? peut-être recèles-tu en toi la femme idéale…
Oui, ce soir ils et elles n'ont rien compris… L'image d'un tableau dont j'ai oublié l'auteur traverse mon esprit… « Le marché aux esclaves »… Intérieurement, je me gausse… Ce soir, j'avais l'impression d'être une marchandise sur un étal à la foire aux Doms tellement les prétendantes et prétendants faisaient le forcing en pv… Je crois qu'ils et elles sont loin d'imaginer que je suis un dom bien différent des autres… Je crois qu'ils sont à des années-lumière de réaliser que lorsque je me donne à une soumise, c'est sans restriction et sans partage… Grâce à toi un jour, de D je suis devenu M… et ce M, il n'appartient qu'à toi… Ils et elles peuvent toujours essayer, ils vont se casser les dents… Quand l'esprit ne suit pas, il n'y a rien à tirer de moi… Dom consultant, à la rigueur… Dom pratiquant, pfffffftttttttt… lol.
29 : Journée essentiellement consacrée à la grande et à son départ pour l'étranger… Mais je t'ai quand même imaginée bronzant sur les galets de cette rivière qui traverse la ville où tu es en vacances ou dans un jardin… qui plus est, je t'ai imaginée nue… Puis je t'ai vue souriante, faisant la fête en famille au milieu d'amis… « Loin des yeux, loin du cœur »… Si je tenais l'abruti qui a dit ça, je lui expliquerais qu'il aurait mieux valu qu'il tourne sept fois sa langue dans la bouche de sa voisine avant de sortir une telle connerie !… Quoique… S'il l'a écrit, c'est qu'il a du avoir des exemples…
30 : Le quotidien reprend son cours… j'ai repris l'enveloppe du monsieur bien sous tout rapport… Au moment où j'écris ces lignes, tu dois encore dormir… ou alors ton homme continue à te souhaiter ta fête… Pété de rire !… Que ne donnerais je pas pour être à sa place… Même si je crois que je m'y prendrais comme un manche à balai…


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