Désir
Tu es là devant moi dans ta robe fourreau noire fendue sur le coté,
Je suis assis là entre enceintes et verre de coca à l'angle du parquet,
Possédée, tu bouges ton corps au rythme de la musique endiablée,
Envoûté, mes yeux fixent tes hanches aux mouvements saccadés…
La lumière des spots déchire la pénombre par éclats pour venir s'accrocher,
Sur le galbe capiteux de ta jambe, par l'entaille de ton vêtement, échappée…
Tu sais très bien que je te regarde mais tu fais comme si de rien n'était,
Ton sourire coquin et malicieux prouves que tu sais très bien que cette sueur
Qui fait coller ma chemise sur ma peau n'est pas celle qu'exsude un danseur…
Nous ne nous connaissons pas et pourtant entre nous nait déjà une histoire,
Tu sais déjà que tu n'as plus besoin de forcer ta beauté pour être désirée,
Tu sens peser sur toi le bleu de mon regard qui effrontément vient te déshabiller,
Tu devines déjà que lorsque la musique s'apaisera, lorsque la lumière deviendra noire,
Je ne viendrais pas vers toi pour me déhancher mais pour t'inviter sur la piste…
Tu sais déjà, que l'un à l'autre, nos corps seront collés et qu'il est inutile qu'ils résistent…
Tu sais très bien qu'il n'y a aucune importance pour moi que tu sois accompagnée,
Tu as déjà deviné sans te leurrer que mon attirance pour toi n'est que charnelle,
Tu sais aussi très bien que dans un instant ton corps succombera à cet appel…
Il y a longtemps que nous ne sommes plus des enfants,
Nous savons bien qu'il n'y aura ni d'après, ni d'avant,
Nous connaissons parfaitement la règle du jeu…
Vivre violemment la frivolité de cet instant…
Nous savons que, bercés par la musique,
Nos corps langoureusement et passionnément se souderont…
Tu sais bien, parce que logique est cette suite,
Que mes mains glisseront plus bas que le creux de tes reins,
Que ton bas ventre viendra frotter le mien,
Que je frémirais sous la douceur de ta tête posée sur mon épaule,
Que tu frissonneras sous la chaleur d'un baiser dans le cou…
Nous connaissons bien la puissance de ces caresses qui affolent,
Nous sommes conscients que la décence nous interdit d'aller au bout,
Et nous savons que tout à l'heure, au petit matin,
Quand les bruits se seront tus et les feux éteints,
Nous garderons de cette aventure sans lendemain
La trouble sensualité du souvenir
D'avoir joui du pervers plaisir
De garder intact cet obscur désir….
(02-03/11/06)


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