
Tu es là debout devant moi,
Tu sais que je vais t'emmener
Bien au-delà d'où tu penses pouvoir aller…
Malgré tes doutes et ton émoi
Entre mes mains tu vas t'abandonner
Pour te rendre plus loin que tu n'as imaginé…
Tu sais que tout à l'heure je vais te demander,
Du bleu de mes yeux et du velours de ma voix,
Jusqu'en haut de tes cuisses, ta jupe, de doucement relever…
Je sais que tu vas rougir, que tu n'es pas prête à l'oser,
Je sais que ce n'est pas la manière dont tu veux dévoiler
A mon regard concupiscent ton puits d'amour tant convoité…
Je sais que certainement tu préférerais sentir courir mes doigts
Sous le fin tissu, sur ta peau nacrée, mettre ton corps aux abois,
Les sentir tutoyer la peau lisse ton Mont de Vénus dénudé…
Je sais très bien que tu crains qu'après me vienne l'idée
De te dire d'une voix suave mais ferme d'ôter ton corsage,
De faire glisser les bretelles de ton soutien-gorge avant de le dégrafer…
Tu appréhendes que jusqu'à tes extrêmes limites je vienne t'acculer…
Même si je sais que de ma voix tu succombes à l'envoutant ramage,
Même si je sais que de ma domination elle est l'un des apanages,
Je n'ai aucune envie pour arriver à mes fins de profiter de cet avantage…
Nous savons très bien tous les deux que le collier qui te lie à moi
N'a aucune consistance physique et n'est pas autour de ton cou…
Nous savons très bien qu'il est plus résistant que le cuir le plus froid
Nous savons très bien qu'il est plus caressant que le velours le plus doux
Nous savons très bien qu'il n'est nul besoin de clef pour le fermer
Nous savons très bien que la lanière invisible à laquelle il est attaché
S'enroule en circonvolutions indéfectibles autour de mon poignet
Pour tresser ce bracelet à ton nom que je suis fier de porter…
Tu ne sais pas que j'ai déjà changé d'avis, que je vais me lever…
Avec toi, tes peurs, tes craintes je n'ai pas envie de jouer…
Ni jupe, ni chemisier, ni sous-vêtement tu n'auras à enlever…
Tu ne sais pas que silencieux, de toi, je vais m'approcher
Les yeux rivés à ton regard pour lire au fond de ton âme…
Tu ne sais pas encore que je vais présenter à ta vue
Cet anodin et pourtant si redoutable morceau de tissu,
Tu ne sais pas encore que, sans que je n'en dise rien,
Tu entrouvriras la bouche pour y accueillir l'entrave de satin,
Tu baisseras la nuque pour me laisser sans difficultés nouer ce lien,
Tu devineras plus que tu ne sentiras ce bandeau qui voilera tes prunelles,
Tu ne sais pas encore qu'à cet instant là, en toi s'allumera une étincelle…
L'étincelle que provoque ce son que l'on entend sans savoir ce qu'il en est,
L'étincelle que procure la caresse qui se pose là où on ne l'attend pas,
L'étincelle qui fait se sentir vulnérable aussi bien que dans tous ses états…
Nous saurons très bien que celui qui mènera la danse
A ce moment là ne sera pas celui que l'on croit,
Nous saurons très bien qu'au-delà des apparences,
Même si tu apparais comme sans défense,
Mes mains iront où tu voudras les accueillir,
Mes mots seront ceux que tu voudras m'entendre dire,
Et mes baisers auront le goût voluptueux de ton plaisir…
(19/05/07)